Comment les perturbateurs endocriniens menacent notre santé – Deuxième partie

Dans la lettre précédente, je vous ai décrit la nature, les sources, les dangers et les cibles des principaux perturbateurs endocriniens. Mais je ne vous ai pas tout dit sur leurs dangers : ils joueraient un rôle, et non des moindres, dans la survenue de certains cancers.

Le rôle déclencheur ou aggravant des perturbateurs endocriniens dans le cancer

De nombreuses études ont démontré le lien entre pesticides et apparition de cancers.

En mars 2015, le glyphosate (herbicide), le malathion et le diazinon (insecticides) ont été classés « cancérogènes probables » pour l’homme, et les insecticides tétrachlorvinphos et parathion ont été, quant à eux, classés « cancérogènes possibles ».

Dans une lettre « Directe Santé » de novembre 2018[1], Gabriel Combris fait une excellente synthèse :

Des chercheurs de Louvain et de Toulouse ont passé en revue l’ensemble des études scientifiques à propos du lien entre pesticides et cancers chez l’enfant.[2]

Ces mêmes chercheurs, associés à ceux de l’INRA en France, ont travaillé sur la relation entre l’exposition domestique aux pesticides et les cancers les plus fréquents de l’enfant (cancers du cerveau, leucémies) : « Un usage, à l’intérieur de nos maisons, d’insecticides et plus particulièrement durant la période prénatale, a montré une augmentation significative du risque », avancent les auteurs.

Une méta-analyse[3], présentée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES)[4], a conclu à « une augmentation statistiquement significative du risque de voir apparaître des tumeurs cérébrales, de même que des leucémies, chez les enfants exposés ».

Chez les adultes, une étude menée sur des femmes vivant à New York a montré un lien entre l’exposition aux pesticides domestiques et le cancer du sein[5].

Une autre étude[6] menée sur des agriculteurs a montré une augmentation du cancer de la prostate de 40 % chez les hommes exposés au pesticide DDT et aux pesticides organochlorés.

Enfin, une étude épidémiologique française, publiée en octobre 2018 dans la revue JAMA Internal Medicine, indique que les plus gros consommateurs d’alimentation issue de l’agriculture biologique (qui n’utilise pas de pesticides) ont un risque de cancer réduit de 25 %, par rapport à ceux qui en consomment le moins[7]. 

Comment éviter les pesticides dans notre environnement ?

Dans notre alimentation

Si vous vous abstenez d’acheter des aliments transformés, comme je vous l’ai souvent conseillé, c’est au niveau des fruits et légumes que vous trouverez les principales sources de pesticides.

Choisissez des fruits et légumes de saison et si possibles bio ou venant de petits producteurs de proximité dont vous connaissez les pratiques. Choisissez avec prudence les fruits et les légumes qui absorbent le plus les pesticides : pommes, salades, tomates, concombres, pommes de terre… Sachez qu’une pomme peut recevoir 30 traitements avant d’arriver dans votre assiette !

Voici quelques conseils :

  • lavez les fruits et légumes avec de l’eau bicarbonatée avant de les consommer ;
  • évitez de manger la peau des fruits et légumes s’ils ne sont pas bio ;
  • stockez vos restes de repas dans des emballages en verre et non en plastique ;
  • ne réchauffez jamais aux micro-ondes dans un emballage plastique ;
  • limitez les fruits et légumes d’importation, notamment ceux venus du Mexique, d’Espagne, du Maroc ou des pays de l’Est, où la législation en matière d’utilisation de pesticides est beaucoup plus permissive et laxiste pour le moment.

Pour tous vos aliments conditionnés, optez pour le « 0 plastique ». Les emballages regorgent de perturbateurs endocriniens. Préférez les bouteilles en verre plutôt qu’en plastique, les conserves en verre plutôt qu’en métal, etc.

À la maison, choisissiez bien vos ustensiles de cuisson : préférez les poêles en céramique ou en inox plutôt qu’en Téflon. Le Téflon est le nom commercial d’une molécule, le polytétrafluoroéthylène (PTFE), qui recouvre les poêles de la majorité des Français, les rendant ainsi « antiadhésives », mais se décollant ou se rayant avec le temps… 
L’usage de ce revêtement nécessite du PFOA, ou acide perfluorooctanoïque. Cette « colle » a été reconnue comme cancérigène pour l’animal. Elle passe la barrière placentaire chez la femme enceinte et provoque des maladies congénitales, des troubles des systèmes immunitaire et digestif.

Dans notre eau de boisson

L’eau du robinet, selon les régions et conditions climatiques (inondations, sécheresses), n’est pas obligatoirement exempte de pesticides.

Mais l’eau en bouteille ne fait pas mieux : elle serait parfois deux fois plus contaminée par des particules en plastique que celle du robinet. Une étude publiée en mars 2018[8] a révélé que 93 % des eaux en bouteille de 11 marques analysées contenaient des micro-plastiques dans des quantités variables, les risques pour la santé restant encore peu connus.

Dans nos cosmétiques : dentifrices, déodorants, gels douche, produits capillaires ou encore crèmes pour le visage

Parmi les substances à bannir dans nos cosmétiques, les parabens sont sans doute les plus importants. Récemment, les industriels en utilisaient dans la plupart des produits qu’ils commercialisaient. Aujourd’hui, de nombreux produits présentent une composition sans parabens, mais restez vigilant, car les perturbateurs endocriniens se trouvent également dans les parfums de synthèse de tous vos produits, ainsi que dans l’acétone du vernis à ongles, ou encore dans le butane qui propulse le déodorant en spray. Certains cosmétiques et dentifrices contiennent aussi du triclosan.

Les produits destinés aux très jeunes enfants ne sont pas épargnés[9]. Une étude a montré que, sur 341 produits analysés tels que les laits de toilette, les lotions, shampoings ou lingettes, 299 contenaient des produits présentant des « risques élevés ». Seul le liniment en serait dépourvu.

Un groupe de 18 chercheurs européens et américains a tenté d’évaluer le « coût » économique (sur la santé, l’environnement, etc.) en Europe des nuisances induites par les perturbateurs endocriniens (toutes sources confondues, que ce soit le bisphénol A dans les biberons en plastique, les pesticides ou encore les substances présentes dans l’eau)[10]. Résultat : il s’élèverait à 157 milliards d’euros par an, soit 1,23 % du PIB de l’Union européenne.

Même si c’est une dépense supplémentaire, je ne saurais que trop vous conseiller d’opter pour des produits cosmétiques bio et naturels. À ce stade, la santé n’a pas de prix !

Dans nos produits ménagers

Les produits ménagers en vente dans la grande distribution contiennent de nombreux et inutiles pesticides tels que les halogenophénols ou encore les alkylphénols.

Ces derniers, présents dans certains détergents, sont des perturbateurs endocriniens qui agissent sur les œstrogènes et qui sont associés à une baisse de la fertilité et à un risque plus élevé de cancer.

Les désinfectants, les liquides vaisselle, les savons antibactériens liquides et les savons hospitaliers sont également à surveiller.

Faire le ménage peut devenir un réel danger si vous avez des meubles recouverts de « retardateurs de flamme[11] » qui minent les œstrogènes, perturbent l’activité de la thyroïde et ont un impact négatif sur le système nerveux[12]. En effet, les poussières issues des retardateurs de flammes sont inhalées et finissent dans le sang et dans le lait maternel.

Bien sûr, il ne s’agit pas de laisser la poussière s’accumuler dans votre domicile. Mais maintenant que vous êtes averti, vous pouvez essayer d’acheter le moins possible de produits contenant des retardateurs de flammes, et si vous en avez, je vous conseille d’aérer régulièrement votre intérieur et de faire votre ménage avec précaution.

Concernant les produits ménagers, vous pouvez éviter facilement tous les produits à risque en choisissant des produits bio ou, encore mieux, en les fabriquant vous-même. Pour cela, vous n’aurez besoin que de quelques ingrédients : bicarbonate de soude, vinaigre blanc, citron ou huile essentielle de lavande, et le tour est joué ! Vous trouverez de nombreuses recettes sur Internet.

En choisissant de fabriquer vos produits ménagers vous-même, vous ferez des économies, vous éviterez la pollution chez vous et dans votre environnement, vous diminuerez vos déchets et vous chasserez de votre intérieur des poisons dangereux à la portée des enfants.

Dans nos vêtements

Les vêtements sont en contact direct avec la peau. Ils subissent de plus en plus de traitements imperméables, antitaches, ignifuges ou même antimoisissures et antibactériens. Or, tous ces traitements contiennent des substances nocives[13].

Les vêtements aux propriétés ignifuges contiennent des retardateurs de flammes ; ceux imperméables et antitaches sont enduits de fluorotélomères, afin d’en faciliter l’entretien. On trouve ce composé nocif en particulier dans les vêtements pour enfants et dans certains vêtements de sport, notamment ceux de la marque Gore-Tex.

Les procédés d’impression sur les tissus peuvent également être dangereux : certains motifs sont appliqués dans une base plastique ou caoutchoutée qui peut contenir des phtalates. Tout comme les vêtements plastifiés ou en PVC pour les enfants.

Voici plusieurs conseils pour s’en prémunir :

  • lavez vos nouveaux vêtements au moins une fois avant de les porter pour la première fois ; 
  • évitez les textiles synthétiques ;
  • privilégiez les textiles bio, reconnaissables à leurs labels (EKO, Naturtextil, BioRe, Oeko-tex 100, etc.) ;
  • n’hésitez pas à acheter des vêtements d’occasion, qui ont déjà subi plusieurs lavages. 

Comment favoriser l’élimination des perturbateurs endocriniens ?

Bougez, transpirez !

La meilleure solution est de faire du sport afin de transpirer, car cela permet d’évacuer les molécules chimiques de votre organisme et d’éviter leur stockage dans les graisses.

La pratique régulière du sauna ou du hammam est également un bon moyen d’éliminer ces toxiques.

Lors d’une perte de poids, une libération excessive de molécules chimiques peut être libérée dans le sang avec la perte des graisses de réserves, et affecter la thyroïde, la régulation de l’appétit et le système hormonal. C’est la raison pour laquelle il faut, dans ce cas, bouger plus et transpirer. Si vous jeûnez, faites-le par exemple en nageant et randonnant[14], ainsi que je le pratique.

Mangez détox !

La méthionine et la cystéine, qui contiennent chacune une molécule de soufre et dont dérivent la cystine et la taurine, sont détoxiquantes. On en trouve dans les œufs, les fruits de mer, les poissons, les crucifères, les radis, les fruits oléagineux (noix, châtaignes, pistaches, etc.) et les alliacés (ail, oignon, échalotes). Ce sont tous des détoxiquants et des dépolluants.

La méthionine permet au foie de se détoxiquer, et elle sera d’autant plus efficace si elle est associée à la silymarine, la glycine ou la N-acétyl-cystéine, substances protectrices du foie et précurseurs de la synthèse du glutathion. Ce dernier est un antioxydant synthétisé par le foie, au centre de notre défense antioxydante[15].

Privilégiez les vitamines du groupe B

Comme pour la pollution atmosphérique, l’apport en vitamines B est essentiel, notamment les vitamines B6 et B12. On les trouve en grandes quantités, entre autres, dans l’éperlan, la morue, le foie de veau, les cartilages d’animaux, les abats et les amandes. Ces vitamines sont également importantes dans le processus de détox et dans la consolidation du collagène et de tous les tissus de soutien.

Mangez des choux et des brocolis

Le sulforaphane est une substance contenue dans tous les crucifères (choux brocolis, etc.). Elle active certaines enzymes impliquées dans la détoxification, comme la glutathion transférase, et s’avère aussi capable d’augmenter la synthèse de glutathion. Le sulforaphane est d’ailleurs proposé comme adjuvant dans les traitements du cancer de prostate, souvent influencé par ces substances toxiques.

Le complexe « DETOXIK » du laboratoire Copmed, que j’ai cité dans une précédente lettre, peut être proposé en cures d’un mois pour se détoxifier, par exemple dans le cadre d’un amaigrissement rapide.

Les laboratoires Therascience proposent quant à eux une formule spécifique vis-à-vis des perturbateurs endocriniens : le DETOXSSENTIEL PE. Il est proposé en cures de 10 jours par mois, en particulier dans le cas de troubles de la fertilité.

Chère amie, cher ami, j’espère que ces deux lettres à propos des perturbateurs endocriniens vous auront alertés et vous permettront d’adopter par vous-même quelques mesures de protection. 

Docteur Dominique Rueff 


[1] https://www.directe-sante.com/les-pesticides-sont-ils-excellents-pour-la-sante/

[2] https://www.anses.fr/fr/system/files/181002-PNREST-PlanCancer-DP.pdf

[3] https://www.vulgaris-medical.com/encyclopedie-medicale/meta-analyse

[4] https://hal-anses.archives-ouvertes.fr/anses-01924630/document

[5] Bouchard, M. et al. 2009. Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder and Urinary Metabolites of Organophosphate Pesticides. Pediatrics  DOI:10.1542/peds.2009-3058

[6] Settimi, L., et al. 2003. Prostate cancer and exposure to pesticides in agricultural settings. Int J Cancer 104(4):458-461

[7]  https://presse.inserm.fr/moins-de-cancers-chez-les-consommateurs-daliments-bio/32820/

[8] https://www.linfodurable.fr/conso/des-taux-eleves-de-particules-de-plastique-retrouves-dans-les-eaux-en-bouteille-2718

[9] Enquête publiée le 15 février 2019 par une fédération d’ONG internationales, WECF (Women in Europe for a Common Future).

[10] https://www.jle.com/download/ers-307055-estimation_du_cout_de_lexposition_aux_perturbateurs_endocriniens_dans_lunion_europeenne-a.pdf

[11] https://www.essentiel-sante-magazine.fr/sante/prevention/retardateurs-de-flamme-comment-proteger

[12] Une nouvelle fois, j’insiste pour que vous visionniez sur « you tube » le filem : demain tous crétins !

[13] http://benhur.teluq.uquebec.ca/SPIP/pe/spip.php?article28

[14] https://www.lettre-docteur-rueff.fr/experience-personnelle-jeune/

[15] https://www.lettre-docteur-rueff.fr/glutathion/



N'hésitez pas à commenter la lettre de ce jour ci-dessous. Veuillez cependant noter que, en raison du très grand nombre de commentaires, le Dr Rueff ne pourra pas vous répondre individuellement.


4 réponses à “Comment les perturbateurs endocriniens menacent notre santé – Deuxième partie”

  1. R-L dit :

    merci docteur

  2. Jean Pierre Emile dit :

    Vous employez le mot « pesticide » à contresens.
    Vérifiez vos infos.Du Latin « pestis », qui veut
    dire « maladie contagieuse ».Un pesticide
    ne file pas la Peste.Est-ce grave de lutter contre une
    maladie contagieuse ? Non, bien-sûr. Il y en a des
    naturels et des chimiques (industrie chimique), on
    dit aussi de synthèse. Vous vous voulez désigner les
    « pesticides chimiques ». Mais quand vous dites que
    le BIO n’utilise pas de pesticides c’est une fake news.
    Elle n’utilise pas de pesticides chimiques. Et encore,
    le soufre utilisé en AB provient de la pétrochimie ;
    et le cuivre n’est pas spécialement bon pour la terre.
    On n’a pas beaucoup mieux. Sujet complexe. Le
    simplifier est nuisible. Camus dit que « mal nommer
    les choses ajoute aux malheurs du monde ».
    A votre disposition pour plus de détails. Cordialement. Un vigneron 18 ans en AB, mais rigoureux sur le plan sémantique.

  3. Gilles Tremblay dit :

    Bonjour Docteur Rueff,

    En 2018, sous la recommandation de ma diététicienne, j’ai abandonné mon jus d’orange du matin pour le remplacé par un verre de mélange de breuvage 100% de soya bio.

    Après 14 mois de consommation de ce breuvage matinale, je me suis retrouvé en situation où je ne comprenais pas pourquoi, de façon majeure et perturbatrice pour mon existence et ma santé, j’avais des troubles de sommeil, des problèmes d’appétit, des problèmes de poids, des problèmes de rétention d’eau, des problèmes de transpiration, des problèmes de libido avec une fatigue quotidienne que je n’avais pas auparavant.

    Suite à une investigation de tout acabit, j’ai fini par découvrir que le soya était un perturbateur endocrinien naturel important. Pour me sortir de la galère endocrinienne dans laquelle je me suis retrouvé, j’ai procédé par un jeûne hydrique de 9 jours. Aujourd’hui, j’ai récupéré à plus de 75 % de ce que j’avais perdu en santé. J’estime qu’à la fin de l’automne 2019 je devrais être comme j’étais avant de m’intoxiquer avec ce puissant perturbateur endocrinien.

    J’adore vos lettres. Elles sont d’une telle limpidité qu’elles clarifient mon esprit à chaque lecture.

    Veuillez agréer mes cordiales salutations.
    Gilles Tremblay

  4. Cariou dit :

    Merci beaucoup Docteur Rueff pour ces précieuses informations.
    Vos lettres sont toujours aussi intéressantes à lire, et à l’inverse de « Santé-Nature-Innovation » très publicitaire,
    elles nous apprennent beaucoup.
    Avec toute notre reconnaissance

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