Mal à la tête ? Ne vous précipitez pas sur les anti douleurs

Quoi de plus banal qu’un mal de tête (ou céphalée) ?

Quoi de plus facile que de se précipiter sur un « antidouleur » (ou antalgique) dont on garde précieusement quelques boîtes (souvent périmées) dans son armoire à pharmacie ?

Pourtant ce geste n’est pas sans risque. Et surtout il existe un grand nombre de solutions naturelles au mal de tête, tant en prévention qu’en soulagement.

L’origine des maux de tête

L’origine du mal de tête est complexe et très variée. Pour résumer, disons qu’il existe deux maladies que beaucoup de femmes, notamment, connaissent[1] : la migraine et la céphalée pulsatile.

La migraine, très répandue chez les femmes, est souvent liée au cycle hormonal. Elle est parfois précédée de nausées ou de troubles oculaires et est déclenchée par :

  • des stress psychologiques ;
  • des aliments spécifiques ;
  • des modifications brutales de l’environnement, comme les baisses de pression atmosphérique ;
  • des variations brutales de température ;
  • certaines odeurs.

La douleur est souvent localisée dans un seul côté de la tête.

Toute intolérance alimentaire peut en être à l’origine dont, bien entendu, l’intolérance au gluten et/ou au lactose. Chez d’autres personnes, ce sont les aliments contenant de l’histamine ou de la tyramine, comme le chocolat, le vin blanc, certains fromages, poissons ou agrumes qui sont concernés. Il existe des régimes sans tyramine et/ou histamine[2] qui sont immédiatement efficaces.

Les céphalées pulsatiles peuvent avoir, en plus de ce qui précède, des origines infectieuses comme des sinusites chroniques méconnues, de mauvaises corrections de la vision, des tensions du rachis cervical et bien d’autres causes.

Quel que soit le diagnostic, je n’ai pratiquement jamais vu des céphalées résister à une prévention nutritionnelle alliée à une « détox » saisonnière.

L’alimentation dite « anti-inflammatoire et détox » s’appuie sur trois piliers :

  • s’abstenir ou significativement diminuer les aliments contenant du gluten et du lactose, donc pratiquement toutes les céréales (sauf le riz et le sarrasin) et les produits laitiers d’origine bovine ;
  • s’abstenir d’aliments à charge glycémique élevée afin d’éviter les hyper et hypoglycémies qui sont souvent des facteurs déclenchants ;
  • réduire ses apports en protéines animales (et notamment la viande) qui, en excès, perturbent la flore intestinale, le métabolisme hépatique et rénal et se comportent comme des aliments favorisant l’inflammation et la douleur.

La « détox », elle, est saisonnière et permet de retrouver la forme et de préparer le changement de saison.

Les acupuncteurs et praticiens de médecine chinoise préconisent au moins quatre séances d’acupuncture par an, avant chaque changement « d’énergie saisonnière ».

Les médecins phytothérapeutes et homéopathes ont tous leurs bonnes recettes avec des plantes en teintures mères ou en basses dilutions comme la chélidoine, le pissenlit, la verge d’or, le fumeterre, l’aubier de tilleul, le chardon-Marie, le desmodium… Quelques jours de jeûne, ou au moins de diète exclusivement ou partiellement végétarienne, permettent de retrouver forme et tonus.

Le fumeterre (Fumaria officinalis) est préconisé en cas de surcharge digestive et cette dernière est souvent associée à une tendance migraineuse.

Il a une action sur la peau et peut être associé au souci, à la pensée sauvage ou à la bardane ; il a aussi une action antiallergique, qui peut être précieuse en cas de période de pollinisation.

On peut faire des cures d’un mois au printemps et à l’automne en associant ou en poursuivant avec de l’aubier de tilleul.

Se précipiter sur les antidouleurs n’est pas une bonne idée

Les contre-indications et effets secondaires des antidouleurs, qu’il s’agisse de médicaments à base de paracétamol ou d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) dont l’ibuprofène est le chef de file, peuvent être particulièrement dangereux en cas de migraines ou céphalées.

Pourquoi ?

Parce que la maladie et ses origines fragilisent deux organes particulièrement exposés aux effets secondaires de ces médicaments.

Personne ne doute plus de la toxicité hépatique du paracétamol, que l’on tente parfois de minimiser en indiquant qu’elle n’apparaît que pour des doses répétées et continues supérieures à trois grammes par jour. Certes, si une prise isolée de ce médicament ne vous tuera pas, il n’en reste pas moins que le paracétamol, à lui seul, est à l’origine d’un nombre supérieur de transplantations hépatiques que celles attribuées à l’alcoolisme chronique. Une étude britannique publiée dans une prestigieuse revue[3] mentionne non seulement la possibilité de problèmes hépatiques graves, voire mortels, mais également une aggravation du risque cardiovasculaire, digestif et rénal dès la prise de quinze comprimés par semaine.

Imaginons les risques en cas de toxicités cumulées de l’alcool ou d’autres médicaments hépato, cardio ou réno toxiques, dont le médecin traitant ignore parfois la prescription par les spécialistes ! D’autant plus que les douleurs migraineuses et les céphalées sont souvent associées à des troubles hépatiques, parfois vésiculaires ou rénaux.

L’aspirine et les AINS, comme l’ibuprofène, ne font pas mieux ! On connaît leurs risques cardiovasculaires[4], rénaux, gastriques et (comme d’ailleurs l’aspirine) les risques hémorragiques[5]. Or certaines migraines et céphalées peuvent être en relation avec une hypertension mal connue ou mal contrôlée, une fragilisation vasculaire et donc l’augmentation d’un risque d’AVC.

Les AINS, comme les nombreux médicaments contenant du paracétamol, sont en vente libre en pharmacie. Le médecin n’a donc aucun contrôle sur la consommation de son patient. Et les habitudes sont tellement ancrées que je doute, si chacun avait vraiment conscience du risque médicamenteux de ces substances, qu’il y aurait moins de consommation.

Peu de ces douleurs résistent à une vraie prévention nutritionnelle

L’éviction des intolérances alimentaires avec celle du gluten et du lactose sont les premières à essayer en cas de mal de tête.

Un simple test sur une vingtaine d’intolérances[6] vous permettra de mieux les connaître et les éviter. Si ces évictions ne préviennent pas vos crises et surtout si vous sentez que certains aliments comme les fraises, les fromages, les poissons, le vin blanc… les déclenchent régulièrement, essayez les régimes sans tyramine et/ou sans histamine, vous en trouverez de nombreux sur internet[7] : la liste proposée n’est pas exhaustive mais est déjà très complète.

LISTES D’ALIMENTS A EVITER DANS LES URTICAIRES CHRONIQUES (non exhaustives)
Aliments riches en histamine
Aliments frais Aliments en conserve
Oeufs : blanc d’oeuf

Légumes : Epinards, tomate, petits pois, choux

Fruits : Frais, jus : agrumes, banane, fraises Secs : noix, noisettes, cacahuète

Poissons, coquillages, crustacés : Thon, sardine, saumon, anchois, maquereaux, crustacés

Viande : Bovine, foie de porc

Fromages fermentés : camembert, cheddar, emmenthal, gouda, parmesan, roquefort

Charcuterie : saucisson sec, jambon et toute la charcuterie emballée

Fruits : Jus, confitures, glaces et sorbets et autres produits contenant des agrumes, banane, fraises

Secs : noix, noisettes, cacahuètes contenus dans les pralinés, glace, biscuits, confiserie, céréales

Légumes : Choucroute

Poissons : Poissons surgelés, séchés, fumés, oeufs de poisson, conserves de poisson

Boissons alcoolisées fermentées ou distillées : Bière, vin, vin de noix, liqueur de noisette

Divers : Chocolat et cacao

Les autres facteurs déclenchants et ou aggravants

Quelle que soit l’origine de vos douleurs ou le diagnostic, je vous recommande de vous intéresser :

  • à votre oreiller et votre position de sommeil qui, à elle seule, est en mesure de provoquer des tensions cervicales. Dans le même esprit, de nombreux ostéopathes vous parleront de l’incidence des mauvaises chaussures et des chocs répétés sur la jambe qui se transmettent dans la colonne cervicale et créent des tensions musculaires ;
  • à vos dents, leurs racines, vos gencives. N’hésitez pas à faire tous les ans, chez votre dentiste, une « radio panoramique dentaire » afin de dépister précocement des infections chroniques et des granulomes, véritables champs perturbateurs. L’inflammation chronique des gencives peut devenir source d’inflammation de tout l’organisme (et de problèmes distants dont l’augmentation du risque cardiovasculaire et de nombreuses autres maladies[8]). Elle est prévenue par l’éviction médicamenteuse des parasites, le brossage régulier au bicarbonate de soude et l’utilisation des brossettes et/ou fil dentaire, avant un éventuel détartrage ;
  • à l’état de vos sinus. Un scanner est facile à réaliser au moindre doute. Il permet de visualiser un état inflammatoire chronique presque inapparent qui peut être la conséquence d’un mauvais travail dentaire (dépassement de pâte à l’apex de la dent) ;
  • à votre position lorsque vous êtes assis en train de travailler ;
  • à votre vue : combien de visions sur ou sous corrigées induisent des maux de tête ;
  • à votre état de stress des cervicales et du haut du dos : n’hésitez pas à vous étirer, pratiquer des mouvements doux du rachis, des rotations en avant et en arrière, sans jamais forcer. Et n’hésitez pas, si vous êtes tendu(e) à vous faire masser ou à pratiquer de l’acupuncture ;
  • à vos apports en magnésium. Dans cette même « mouvance », beaucoup de personnes aux muscles sensibles et douleurs de tête fréquentes sont déficientes en magnésium. Comme je l’ai déjà affirmé, hormis le bien connu signe de Chvosteck qui indique un commencement de spasmophilie, le dosage sanguin du magnésium n’est pas d’un grand intérêt. L’association de phosphatidylcholine, magnésium et Ginkgo biloba peut contribuer à la prévention de nombreuses migraines ;
  • à votre statut en « coenzyme Q10 ». Ce nutriment antioxydant est facile à faire doser en laboratoire. La supplémentation en coenzyme Q10 (ubiquinone ou ubiquinol) a permis de réduire la fréquence des migraines chez certains sujets[9] ;
  • à un possible déficit en vitamines B et notamment B2, B3 et B12 chez les personnes âgées et les végétariens. Inutile de faire un dosage, prenez l’un des nombreux « Complexe B » présents sur le marché et testez les effets sur la fréquence de vos douleurs.

En cas de nécessité, de nombreux gestes simples et traitements naturels peuvent vous aider.

L’huile essentielle de menthe poivrée, ou menthe anglaise, reste l’un des moyens de lutte les plus connus. On peut appliquer 1 à 2 gouttes (pas plus) sur les tempes, ou sur un point particulier d’acupuncture, le « 36 estomac »[10] ; plutôt le matin car tonifiante, mais ne répétez pas trop l’application au risque d’obtenir l’effet inverse. On peut aussi la respirer ou en mettre une goutte sous la langue pour stimuler sa concentration intellectuelle ou après un repas chargé. Elle a des propriétés anesthésiantes. Elle est totalement contre-indiquée chez la femme enceinte, la femme allaitante, l’enfant (de moins de trois ans), le cardiaque, l’hypertendu et l’épileptique. On peut associer avec, une goutte d’huile essentielle de mélisse.

En cas d’anxiété associée à la douleur, on peut aussi proposer de placer sur les poignets 1 ou 2 gouttes d’huile essentielle de lavande vraie et masser légèrement.

L’usage de l’écorce de saule blanc (Salix alba) dans le traitement des maux de tête est officiellement reconnu par la Commission E et l’ESCOP[11]. C’est une plante antalgique qui tend à réguler doucement les fièvres. Le saule blanc contient de la salicine, précurseur de l’acide acétylsalicylique (aspirine) et en partage les contre-indications : enfants, adolescents, traitements anticoagulants, ulcères, femmes enceintes ou allaitantes.

La grande camomille (Tanacetum parthenium) est la plante couramment proposée contre la migraine et les maux de tête. On utilise les feuilles de la grande camomille pour leur teneur en parthénolide, une substance antagoniste de la sérotonine qui joue un rôle prépondérant dans l’apparition des migraines : migraines de l’étudiant, de la ménopause, d’origine hépatique, ou cataméniales (qui surviennent 2 ou 3 jours avant le début des règles)[12]. L’OMS reconnaît son efficacité pour soulager cette pathologie. Prise en traitement de fond sur plusieurs mois, cette plante permettrait de réduire la fréquence et l’intensité des symptômes (douleurs, nausées, vomissements, sensibilité aux bruits et à la lumière…).

En pratique, on peut la prendre en tisanes ou sous la forme d’extraits standardisés, seule ou associée. Elle est contre-indiquée pour les femmes enceintes et allaitantes et les enfants de moins de 18 ans. Je la conseille en comprimés d’extraits standardisés de 200 milligrammes au moins dosés à 0,2 % en parthénolides. Prévoyez un comprimé matin et soir en prévention et jusqu’à trois comprimés d’un coup en cas de crise.

Le Ginkgo biloba, ou arbre aux 40 écus, est bien connu pour ses capacités à résister au feu, à la pollution et à la radioactivité. C’est un anti-inflammatoire, antioxydant, vasodilatateur, fluidifiant sanguin, qui améliore la circulation cérébrale et pourrait, selon certains, prévenir les infarctus et les AVC[13]. Il permettrait d’améliorer les bourdonnements d’oreille et la mémoire. En cas de tendance migraineuse, on peut préconiser des supplémentations, de préférence en extraits standardisés à raison de 500 à 1 000 milligrammes par jour en une ou deux prises.

Vérifiez aussi que vous buvez suffisamment car les maux de tête peuvent être un symptôme précoce de déshydratation. De même, si vous êtes en hypoglycémie, cela peut générer des maux de tête. Mangez quelque chose mais évitez le sucré et les index glycémiques trop élevés.

L’homéopathie peut venir à votre secours

Avez-vous essayé les solutions homéopathiques suivantes ?

  • Glonoïnum en 4 ou 5 CH pour ces céphalées aggravées par la chaleur et les émotions où votre visage devient rouge, que votre tête semble éclater et que vos carotides battent… ;
  • Iris Versicolor, répété en dilutions 4 ou 5 CH, pour ces céphalées frontales ou ces migraines précédées de troubles de la vue (phosphènes), de nausées, de brûlures digestives… particulièrement les jours de repos ;
  • Belladonna aux mêmes dilutions pour ces céphalées intenses, avec visage rouge, sensation de battement du pouls dans le cerveau, de douleurs dans les globes oculaires, aggravées par le bruit et la lumière, améliorées dans l’obscurité et/ou la tête penchée en arrière… ;
  • Sanguinaria pour ces migraines localisées autour de l’œil droit, souvent avec vomissements et bouffées de chaleur… ;
  • Spigelia pour ces douleurs avec palpitations plutôt à gauche, au-dessus de l’œil, irradiant vers l’arrière de la tête, à leur maximum en milieu de journée…

Il y en a beaucoup d’autres que votre homéopathe vous conseillera mieux que quiconque et qui seront encore plus actifs avec des médicaments de fond, c’est-à-dire de terrain en plus hautes dilutions, voire un similimum comme Sepia, Natrum Muriaticum, Ignatia, Sulfur, Silicea, Pulsatilla ou Psorinum…

Enfin, n’oubliez pas de faire régulièrement de l’exercice, d’être attentif à votre respiration, d’essayer de pratiquer régulièrement de la « cohérence cardiaque »[14] et surtout, de marcher au moins trente minutes par jour en accélérant le pas de temps en temps, ou mieux encore, de vous intéresser aux pratiques dites « d’exercice intensif fractionné »[15] que vous adapterez bien soigneusement (après un éventuel examen médical) à votre âge et à votre condition physique.

Fuyez les aliments gras trop sucrés, trop salés ou frits et pensez à vous détendre. En dehors de l’acupuncture ou de la réflexologie plantaire, le yoga, la relaxation et les massages peuvent vous aider à retrouver une « tête bien faite et indolore ».

Docteur Dominique Rueff




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