Un automne en forme et en joie

Nous sommes maintenant en automne. Faut-il s’en attrister ?

Avant de répondre à cette question, je ne résiste pas à vous citer quelques passages d’une lettre[1] que vous avez peut-être, comme moi, reçue. Elle émane de Rodolphe Bacquet, rédacteur en chef de la revue Alternatif Bien-Être, et traite de l’équinoxe d’automne :

« Le passage de l’été à l’automne me paraît tout sauf triste.
D’abord, il y a la lumière de septembre célébrée par le poète Alexandre Vialatte :

« Voici septembre et sa lumière oblique, la plus belle lumière de l’année. Elle frise, argente et fait des ombres longues.[2]« 

[…] Dans la plupart des cultures traditionnelles, l’équinoxe d’automne est LE jour de remerciement à la Nature, pour les « cadeaux que la Terre nous a procurés »
.

Au Pays de Galles, des réjouissances très gaies ont lieu ce jour-là, placées sous le signe de l’abondance. C’est le moment où on stocke les récoltes et où on sacrifie le bétail qui servira de réserves pour l’hiver. On offre des herbes magiques aux divinités, on décore les tombes avec des feuilles, des glands et des fruits. […] Ce qui est symbolisé ici, c’est le lâcher-prise. C’est-à-dire un moment où on fait le vide, où on jette ce qui doit l’être, pour préparer l’hiver. »

L’automne, c’est donc « le meilleur moment pour se régénérer ».

En médecine chinoise, l’été correspond à l’énergie du feu, l’organe clé est celui du cœur et de l’intestin grêle, et, en fin d’été, de la rate-pancréas. Avec l’automne, nous devons penser à stimuler l’énergie du poumon et du gros-intestin (élément métal) et préparer celle de l’hiver : l’énergie des reins.

C’est donc le moment idéal pour pratiquer une monodiète de raisin : mangez autant de raisin que vous le souhaitez (bio si possible, et bien rincé !). Pendant un repas, une journée voire plusieurs jours, libre à vous d’adapter votre monodiète. Personnellement, j’aime bien y ajouter des pommes, vous savez, ces petites pommes bio et douces du verger d’à côté.

Toutes les diètes végétales (seule celle de raisin est déconseillée si vous êtes diabétique) vous permettront, en automne, de vous préparer à l’hiver :

  • reprenez votre jus de citron tiède du matin, si vous l’avez oublié cet été, avec une cuillère à café de vinaigre de pomme, et n’hésitez pas à ajouter une cuillère à café rase de bicarbonate de soude, si vous sentez votre estomac trop acide ;
  • le concombre, comme je l’ai déjà expliqué dans une précédente lettre[3], permet de réaliser un très bon drainage des reins ;
  • tous les choux – choux-fleurs, choux rouges, brocolis, choux de Bruxelles, etc. – contribuent à détoxifier l’organisme et apportent de nombreux nutriments qui tendent à rééquilibrer les systèmes hormonaux. N’hésitez pas à les agrémenter d’huile d’olive, de colza, de persil, de coriandre, de thym, de romarin et de citron ;
  • l’artichaut et l’aubergine drainent le foie et la vésicule biliaire ; le poireau, très riche en eau et en fibres, stimule les intestins ;
  • la courgette, la carotte, l’oignon, la tomate et la betterave – très riche méthionine, un radical soufré et détoxiquant, et en bétaïne qui draine le foie – doivent régulièrement composer vos salades, soupes et bouillons.

L’hiver, notre alimentation est plus chaude et plus « riche ». L’automne est donc certes le moment d’un « lâcher-prise », mais aussi d’un « laisser-la-place » en se détoxiquant ! Combien de temps ? C’est toujours la même question : « Le temps que le fut du canon refroidisse », disait jadis l’humoriste Fernand Raynaud. Plus sérieusement, le temps que vous vous sentiez suffisamment léger(e)s, avec une langue bien rose et une haleine d’ange.

Enfin, je vous recommande de faire pendant tout l’automne une cure d’aubier de tilleul sauvage du Roussillon, sous forme d’ampoules : matin, midi et soir, pendant dix à vingt jours, avec un jus de citron bio. J’y reviendrai dans une prochaine lettre.

Le meilleur moyen de se préparer à l’hiver, c’est donc de bien de se détoxiquer avant que les grands froids ne vous saisissent ! 

Transpirez au sauna !

Je ne suis pas un adepte du hammam, que je trouve trop humide et possiblement vecteur de germes et de virus. Mais le sauna (dans lequel la chaleur est forte mais non humide), au moins une fois par semaine, est un bon moyen de préparer l’hiver. Il stimule les éliminations par la peau : avec la sueur, le corps excrète l’acidité dont il doit se débarrasser, et cela permet de soulager le futur travail des reins en hiver. Il ne dessèche pas la peau et calme même certaines affections dermatologiques liées à l’acidité de la peau, comme le psoriasis.

En entrant dans le sauna, le corps se retrouve face à une température avoisinant les 80 °C. La réaction du système cardiovasculaire à cette température est immédiate : dilatation des vaisseaux sanguins et augmentation du rythme cardiaque.

La peau se met ensuite à transpirer abondamment, les pores se dilatent. Le corps secrète des endorphines qui aident à la relaxation.

Au bout de 10-15 minutes, on sort du sauna pour prendre une douche ou un bain froid. L’action du froid resserre les pores de la peau et revitalise le corps. On alterne ensuite jusqu’à trois fois les séquences chaud-froid, en n’oubliant pas de bien se réhydrater entre chaque passage au sauna pour récupérer l’eau transpirée. Il est en effet possible de perdre jusqu’à un litre d’eau lors d’une séance de sauna !

Voici comment je procède :

  • 20 minutes assis en bas du sauna, puis une douche la plus froide possible, puis un verre d’eau et repos 5 minutes ;
  • 15 minutes allongé en haut du sauna, puis même processus ;
  • 15 minutes assis en haut du sauna, idem.

La chaleur du sauna et les différents passages chaud-froid procurent des bienfaits non négligeables pour l’organisme. Une séance de sauna est ainsi très efficace pour lutter contre le stress et la tension : sous l’action de la chaleur, le corps libère des endorphines favorisant le sommeil et la relaxation. Pratiqué juste avant de se coucher, le sauna aide à mieux dormir. 

Sachez que le sauna n’est nullement contre-indiqué pour la plupart des problèmes cardiaques, en dehors d’une phase aiguë (post-infarctus). Il aide à maintenir la pression artérielle à un niveau normal. Par ailleurs, l’augmentation de la vitesse de la circulation sanguine dans le sauna permet de soulager rapidement les douleurs musculaires et autres courbatures.

La chaleur du sauna met le corps dans un état de fièvre artificielle. Celle-ci va stimuler le système immunitaire et entraîner une production accrue de globules blancs et d’anticorps, qui vont lutter contre les maladies.

Pratiqué régulièrement, le sauna permettrait même de se protéger des épidémies de grippe.

Convaincu(e) ?!

L’automne, c’est aussi le moment… de vous polliniser ! 

Connaissez-vous le pollen frais que l’on vend congelé en magasin bio et que vous conservez chez vous au congélateur ? C’est une merveilleuse source de protéines, de minéraux et de vitamines. On peut en prendre au petit déjeuner, avec des fruits rouges[4], des fruits à coque et des graines de lin. Il peut également remplacer les œufs, pour ceux qui y sont intolérants ou ne les aiment pas.

Une cuillère à soupe de pollen frais apporte pratiquement autant de protéines qu’un steak animal. À noter aussi que tous les pollens sont excellents contre la constipation et pour la prostate.

Selon le pollen que vous choisissez, les bénéfices peuvent être différents :

Le pollen de cistepermet un réensemencement du microbiote, qu’il prépare au changement de nourriture pour l’hiver. 

Le pollen de bruyère, riche en fibres insolubles, favorise les éliminations. Il est également riche en minéraux alcalinisants et donc conseillé si, pendant l’été, vous avez abusé de fromages, charcuteries ou plats industriels…

Le pollen de châtaignier, grâce à son exceptionnel potentiel antioxydant, a des effets hépato-protecteurs et détoxiquants par rapport aux polluants chimiques (pesticides, additifs alimentaires, etc.) et aux métaux lourds. Il est également riche en fibres insolubles qui, en se gorgeant d’eau, augmentent le volume des selles et permettent de réguler et rééquilibrer la fonction intestinale.

Anticipez le « burn-out » d’automne

Les tracas de la rentrée, les enfants, la baisse de la luminosité, le brutal changement d’heure… tous ces facteurs se conjuguent pour un burn-out annoncé avant l’arrivée de l’hiver.

Si vous voulez le prévenir, ayez ces deux réflexes :

  • Faites doser votre vitamine D !

Même si vous avez bien profité du soleil cet été, il ne faut pas attendre. J’ai largement traité de ce problème dans une précédente lettre[5], dont voici un extrait :

« De nombreux experts recommandent aujourd’hui des apports de 1 000 à 4 000 UI/jour. Selon ces experts, cet apport, sans danger, permet de maintenir un taux dans la fourchette des valeurs optimales. Le suivi par les analyses de laboratoire semble indispensable car, à forte dose prolongée, les excès de supplémentation en vitamine D restent à éviter, d’autant que la vitamine D se stocke dans les graisses. 

Voici les normes officielles pour interpréter les résultats :

  • Carence : 25 (0H) D < à 25 nanomoles/l (10 ng/ml)
  • Déficit : entre 25 et 75 nanomoles/l (10-30 ng/ml)
  • Normalité : entre 75 et 250 nanomoles/l (30 à 100 ng/ml)

La vitamine D prévient les problèmes osseux, cardiovasculaires, et probablement certains cancers et certaines allergies. Elle booste l’immunité et contribue à stabiliser la tension artérielle.

Personnellement, je propose généralement trois formes :

  1. En gélules associées à la vitamine K2 (VITALL +) qui, elle aussi, protège le cœur : 1 à 2 gélules, 2 fois par jour ;
  2. VITA-D-NAT de Bionops, dosée à 1 000 UI par goutte, à commander sur Internet (bionops.eu) ;
  3. Vitamine D3 400 UI, du laboratoire COPMED.

Mais il y en a beaucoup d’autres…

Pour obtenir, avec une supplémentation journalière, un taux compris entre 40 et 50 nanogrammes/ml, il faut en moyenne, pendant un mois : 2 à 3000 UI par jour de vitamine D, si le taux initial est de 22 à 30 ng/ml ; 5000 UI par jour de vitamine D, si le taux initial est inférieur à 22 ng/ml. »

  • Faites doser votre taux de mélatonine !

C’est l’hormone qui règle notre « horloge biologique ». Elle est produite par l’épiphyse (ou glande pinéale) au centre de notre cerveau. Comme la vitamine D, elle peut être affectée par la réduction de la luminosité et le changement d’heure. On la conseille souvent pour diminuer la fatigue due à un décalage horaire.

Elle est également liée au taux de sérotonine qui est affecté dans les états anxiodépressifs. Le taux de mélatonine est ainsi plus bas chez les personnes atteintes de dépression épisodique ou d’anxiété[6]. Cette corrélation entre la dépression et les niveaux de mélatonine a été prouvée par des études sur des personnes présentant des troubles affectifs saisonniers (TAS)[7].

Il faut savoir aussi que la sécrétion de mélatonine est affectée chez certaines personnes qui prennent des « bêta-bloquants [8]» pour leur hypertension.

Pour savoir si vous devez vous supplémenter en mélatonine, faites un bilan salivaire (cycle de la mélatonine) dans votre laboratoire de proximité, qu’il pourra envoyer par exemple au laboratoire Synlab en Belgique[9], le plus accessible à ma connaissance pour réaliser ce type d’analyses.

À défaut d’analyses, si vous souhaitez vous supplémenter, prenez-en 1 à 5 milligrammes avant de vous coucher. Si vous avez des difficultés à vous réveiller, diminuez la dose.

Les doses doivent être adaptées à chaque personne. Certains seront mieux avec des formes « à libération immédiate », d’autres avec des formes dites « à libération prolongée ». À vous de tester et de voir ce qui vous convient le mieux. En cas de somnolence au réveil, il faut proscrire la conduite automobile le matin. Enfin, la mélatonine est contre-indiquée chez les enfants et les femmes enceintes.

En conclusion, chère amie, cher ami, n’attendez pas l’hiver et le froid pour vous affaiblir, vous enrhumer ou déprimer… Prenez les devants, et c’est en automne qu’il faut le faire ! Vous verrez que vous passerez un hiver en pleine forme.

Docteur Dominique Rueff


[1] « Équinoxe : demain, un peu de magie », la lettre alternatif bien-être du 22 septembre 2019 https://alternatif-bien-etre.com/alimentation/equinoxe-demain-un-peu-de-magie/

[2] Vialatte (A.), Chronique de la montagne, 8 septembre 1964. 

[3] https://www.lettre-docteur-rueff.fr/comment-proteger-mes-reins-deuxieme-partie/

[4] https://www.lettre-docteur-rueff.fr/coup-de-rouge-petit-dejeuner/

[5] https://www.lettre-docteur-rueff.fr/vitamine-d-21-raisons/

[6] http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/2944914 ; Maestroni GJ, Conti A, Pierpaoli W. ; « Role of the pineal gland in immunity. Circadian synthesis and release of melatonin modulates the antibody response and antagonizes the immunosuppressive effect of corticosterone » ; 1986 Nov ; 13(1):19-30.

[7] https://www.rcpsych.ac.uk/mental-health/translations/french/trouble-affectif-saisonnier

[8] https://www.futura-sciences.com/sante/definitions/medecine-beta-bloquant-3060/

[9] https://www.synlab.be/fr/



N'hésitez pas à commenter la lettre de ce jour ci-dessous. Veuillez cependant noter que, en raison du très grand nombre de commentaires, le Dr Rueff ne pourra pas vous répondre individuellement.


8 réponses à “Un automne en forme et en joie”

  1. Yvette Marterer dit :

    Faire doser la vitamine D, c’est refusé par mon médecin traitant, alors la mélatonine, autant lui demander la lune!

  2. Ottaviani dit :

    Bonjour,
    Peux t on avoir aussi le bilan des minéraux par le test salivaire ?

    Merci d’avance

  3. FRIEDA BAERT dit :

    Merci bcp docteur pour tous vos conseils.
    J adore vous lire !

  4. SCHMITT JEAN CLAUDE dit :

    vous parlez du pollen mais qu’n est ‘il de la gelée royale du miel j’en prend tous les matins une dose d’un gramme e gelée royale bio bien sur sous forme de petit flacon à garder au frigo le jus de citron tiède que vous avez évoqué ainsi qu’une cuillère à café de miel de thym eucalyptus foret lavande ainsi qu’une cuillère à soupe d’huile d’olive de colza de noisette ou de noix cela me fait un bien fou en toute saison

  5. Kemoun Monique dit :

    Concernant la prise de pollen, il serait bon de noter que sa consommation peut être dangereuse pour les
    allergiques aux pollens en général.
    Personnellement, étant asthmatique, j’ai eu une réaction très rapide et violente (œdème, rougeurs et démangeaisons) à la suite d’une petite dégustation de pollen cru au Salon Marjolaine.

  6. Pascale M. dit :

    Bonsoir Docteur,
    il y a 2 ans entre octobre et avril j’ai pris quotidiennement 2000 UI de vit D (ZymaD ), mon taux de vit D en mai 2018 était de 29 ng/ml.Je suis donc passée l’hiver dernier à 4000 Ui pour augmenter ce taux et un dosage fait ce mois-çi me donne exactement le même taux à 30 . Comment cela se fait-il ? Aurais-je un problème d’absorption au niveau intestinal ? Quelle dose me conseillez vous de prendre cette année, j’avoue que je ne comprends pas ce qui se passe.
    Je vous remercie par avance de votre réponse.
    Cordialement. Pascale Millo.

  7. Sophie MALLET dit :

    Merci Docteur pour vos lettres que je trouve extraordinaires de conseils précis et du coup, facilement applicables.
    Concernant la vitamine D, je me la fournis auprès des laboratoires SOLAGE, je trouve leur gamme de produits très bien

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