Alzheimer : évitez les médicaments !

Vous avez sans doute suivi la polémique suscitée, fin octobre 2016, par le refus de Marisol Touraine, ministre de la Santé, de dé-rembourser des médicaments anti Alzheimer.

Cette affaire me paraît tout bonnement incroyable.

Petit rappel des faits. Le bénéfice de 4 médicaments proposés et de leurs génériques, dont la facture globale en vingt ans a coûté 20 milliards d’euros aux Français avait déjà été mis en doute en 2011 par la Haute Autorité de Santé (HAS). Mais cette fois elle est catégorique. Selon son rapport du 21 octobre 2016 [1], elle recommande le déremboursement de ces médicaments qui concerne, à ce jour, 850 000 personnes.

Une efficacité faible, des risques d’effets indésirables

Les premières lignes du rapport sont très claires : « Une efficacité au mieux modeste des médicaments de la maladie d’Alzheimer associée à leur mauvaise tolérance (…)  La Commission de la Transparence de la Haute Autorité de Santé estime que l’intérêt médical de ces médicaments est insuffisant pour justifier leur prise en charge par la solidarité nationale. »

Avant même la publication, Marisol Touraine avait annoncé qu’elle ne suivrait pas cet avis. Le Journal du Dimanche cite les propos d’un responsable sanitaire qui s’élève contre les propos de la ministre : « Ce cadre n’imagine pas que la ministre de la Santé ait pu céder au lobbying des laboratoires pharmaceutiques mais plutôt qu’elle a capitulé face au désarroi des proches des patients ». Et il nous remémore l’affaire du Médiator [2].

La HAS confirme pourtant le faible service médical rendu « dans des études cliniques versus placebo dont la pertinence clinique et la transposabilité en vie réelle ne sont pas assurées » ainsi que la possibilité « d’effets indésirables tels que troubles digestifs, cardiovasculaires ou neuropsychiatriques pouvant altérer la qualité de vie » !

« Soigner autrement » est l’un des intertitres du JDD du 30 octobre 2016 qui cite les experts de la HAS : « S’accrocher à des molécules qui ne marchent pas est une manière archaïque de faire de la médecine » (Professeur Olivier Saint-Jean, membre de la Commission de Transparence).

Certains estiment « qu’il n’y pas d’alternative » (Mathieu Pierre Ceccaldi, professeur de neurologie à Marseille).

En bref, mieux vaut un mauvais médicament que pas de médicament du tout !

 

Pour ma part je considère que toute apparition de trouble cognitif (et même, très exceptionnellement, chez des sujets jeunes) devrait nécessiter un bilan spécialisé. Et que soit fait le diagnostic différentiel avec d’autres maladies telles la dépression car les prises en charge ne sont pas du tout les mêmes.

Bien que conscient des risques anxiogènes d’une telle affirmation, ces bilans sont indispensables. D’une part, la peur n’évite pas le danger et d’autre part l’absence d’un tel bilan peut laisser passer une dépression grave avec risque suicidaire qui pourrait être prise en charge par un autre traitement.

Alors pas d’alternatives à des médicaments inefficaces ? Ce n’est pas vrai !

Le rapport de la HAS insiste sur la prise en charge non médicamenteuse de la maladie et je le rejoins tout à fait (je cite) :

  • « Une amélioration de la qualité de vie qui doit favoriser un confort physique et psychique et un environnement adapté ;
  • Une prise en charge orthophonique qui vise à maintenir et à adapter les fonctions de communication du patient ;
  • Une stimulation cognitive avec des mises en situation ou des simulations de situations vécues (trajet dans le quartier, toilette, téléphone, etc.) dont l’objectif est de ralentir la perte d’autonomie dans les activités de la vie quotidienne ;
  • Une prise en charge psychologique et psychiatrique du patient et de son entourage ;
  • Une promotion de l’exercice physique (notamment la marche). »

Choisissez les bons carburants pour votre cerveau !

Mais une autre prise en charge est envisageable, même si elle ne constitue pas un traitement spécifique de la maladie et de ses causes !L’alimentation, particulièrement l’alimentation anti-inflammatoire, est la piste qui me paraît à privilégier. Abstenez-vous de consommer des excès de viande, trop de charcuteries, de fromages gras qui stimulent le statut inflammatoire de votre organisme par l’intermédiaire de ce que le docteur Kousmine appelait « les prostaglandines de guerre » [5] c’est-à-dire les PgE2.

Plus récemment, certains ouvrages permettraient de supposer qu’en plus, un régime dit « cétogène », [6] c’est-à-dire apportant le moins possible de glucides (sucres) et privilégiant la synthèse des protéines par la voie des cétones, serait également une excellente protection.

Dans le même esprit, il y a quelques années, le docteur Mary Newport signait un article intitulé « Et s’il y avait un remède à la maladie d’Alzheimer et que personne ne le savait ? ». Elle publia un ouvrage, « Maladie d’Alzheimer, et s’il existait un traitement ? Les molécules de l’espoir » qui raconte l’histoire du sursis de son mari Steve dans la spirale de la maladie d’Alzheimer, grâce à un traitement inattendu : l’huile de noix de coco.

Cette « folie de l’huile de coco » a d’ailleurs fait l’objet, en novembre 2014, d’une lettre de Jean-Marc Dupuis, publiée sur le site Santé Nature Innovation (que vous pouvez lire en cliquant ici) qui pense, comme moi, qu’il ne faut pas obligatoirement croire à des vertus cachées de cette huile mais que, par contre, il pourrait être indiqué de l’utiliser pour remplacer au moins partiellement d’autres graisses en cas de sur-risques cardiovasculaires et cérébraux.

Méfions-nous aussi des pollutions par les métaux lourds (plomb, mercure) ou des toxiques supposés comme l’arsenic et l’aluminium, qui pourraient traverser la barrière hémato-encéphalique, même si les preuves scientifiques définitives se font attendre. En attendant ces preuves… essayons de consommer des produits exempts de pesticides et herbicides et de fuir les régions et villes polluées !

Plus récemment, on nous a invités à nous méfier des « nanoparticules » [7] et en particulier des nanoparticules de titane que l’on trouve dans la confiserie [8] [9] industrielle et même dans certains compléments alimentaires pour lesquels il semble très important de lire les étiquettes.

Ces particules sont susceptibles de traverser la barrière hémato-encéphalique et personne n’est certain de leur innocuité à terme sur nos neurones.

Des aliments protecteurs pour notre cerveau

L’importance des Oméga 3 [10] que vous trouverez, de préférence dans les petits poissons (comme les sardines, les anchois, les maquereaux) ou des suppléments exempts de toute pollution métallique est bien connue, je vous renvoie notamment à une publication dans la revue « Sciences » d’aout 2014. [11]

Personnellement je pense que l’on pourrait conseiller, en plus d’une consommation régulière de poisson, entre 1 et 3 grammes d’huile de poisson riches en acides gras EPA, une bonne partie de l’année.

Dans un même ordre d’idée on peut recommander des supplémentations de phosphatidylcholine [12] et de phosphatidylsérine [13] qui ont été identifiées, avec le ginkgo biloba et l’acide lipoïque [14], comme potentiellement bénéfique pour le cerveau et la mémoire.

Vitamine D et mémoire

Les personnes présentant des signes de maladie d’Alzheimer ou même des troubles mémoriels ont souvent des taux sanguins bas de vitamine D. Cela ne veut pas dire que c’est à cause de cette carence en vitamine qu’ils ont développé la maladie. De nouvelles études cliniques sont nécessaires afin de préciser l’origine de cette association statistique et d’évaluer de quelle façon et par quel mécanisme la vitamine D pourrait améliorer les fonctions cognitives. Ces fonctions cognitives sont évaluées par le « Mini Mental State [15] ». Une étude récente suggère que le manque de vitamine D est associé à une plus rapide évolution des démences quelle que soit leur origine.

Vitamines B et Alzheimer

D’autres études mettent en avant le rôle préventif et ralentisseur de l’évolution de la maladie des vitamines B, notamment B6, B9 et B12 en corrélation avec le taux plasmatique d’homocystéine [16].

Une étude suédoise vient d’établir clairement que les gens ayant une déficience en folate (B9) ou en vitamine B12 courent un risque accru de développer la maladie d’Alzheimer [17].

Personnellement j’ai l’habitude de conseiller, dès les premiers signes de vieillissement du cerveau, un ensemble de vitamine B de B1 à B12 qui outre leur action sur le système nerveux et la mémoire ont bien entendu, d’autres effets positifs notamment sur le plan cardiovasculaire.

Même si on est contraints de constater que « le » traitement spécifique, pas plus que les causes de la maladie d’Alzheimer, n’ont été exactement identifiés, il n’est pas licite de proposer des traitements médicamenteux que l’on sait, d’avance, peu efficaces, coûteux voire dangereux !

Quelles que soient les lésions cérébrales à l’origine des symptômes d’Alzheimer, certaines circonstances particulières de vie seraient également en cause :

  • Des traumatismes cérébraux, anciens (boxeurs), oubliés ou méconnus (bébés dits « secoués ») ;
  • Selon le docteur Horowitz [18], des infections chroniques latentes, telles des infections « froides » ;
  • Une forme de diabète que certains nomment « diabète cérébral »

On n’est certainement pas au bout des découvertes et pistes de traitement.

L’intérêt des stratégies nutritionnelles, c’est d’avoir l’avantage de ne pas s’adresser qu’à un seul type de trouble neurodégénératif, dont la maladie d’Alzheimer n’est qu’une manifestation parmi d’autres.

Certaines, comme les démences fronto-latérales [19], sont malheureusement considérées par la médecine comme des « maladies orphelines » du sujet âgé ; ce qui en dit long sur les efforts que la recherche risque de devoir mettre en œuvre.

La conclusion s’impose : se battre contre Alzheimer par d’autres moyens, c’est possible. Continuer à commercialiser et rembourser des médicaments inefficaces et possiblement toxiques, voilà qui éloigne les patients des vraies seules démarches qui fonctionnent aujourd’hui.

Surveillez bien votre boîte aux lettres,

Dr Dominique Rueff




N'hésitez pas à commenter la lettre de ce jour ci-dessous. Veuillez cependant noter que, en raison du très grand nombre de commentaires, le Dr Rueff ne pourra pas vous répondre individuellement.


10 réponses à “Alzheimer : évitez les médicaments !”

  1. Lysiane RICHARD dit :

    Mon mari est atteint de cette maladie stade 2. Il n’a que 68 ans. Il entre dans un protocole de recherche aujourd’hui à l’hôpital de la Pitié. Puis-je « complementer » en suivant vos conseils ? Merci

  2. jacques dit :

    bonjour!!! j’ai mon epouse qui a eu un traumatisme cranien et fracture be la deuxieme ostondoide (elle défoncé le pare brise shootée par une bagnole sur un passage protégé),et il y a quelque semaine,perte brutale de la mémoire ,de la cognitivité et de l’orientation.je lui est fait un trairement a base d’INOSITOL sans grand résultat,et je suis passé maintenant a la CHOLINE et a ACETYL-L- CARNITINE,ce qui devrait amélorer sa mémoire et multiplier les neuronnes,qu’en pensez vous( 750mg de chaque 2 fois par jour)
    je serais tres honoré de votre réponse
    merci

  3. Henri ORQUERA dit :

    Bonjour Docteur RUEFF,

    Je viens réagir à votre article sur la maladie d’Alzheimer qui m’a fait souffrir !

    Ma femme a eu ses premiers troubles mnésiques en avril 2014 et a été diagnostiquée positive à l’été 2015 entre autres dans son liquide cérébrospinal.

    Fin 2015, j’ai trouvé l’article de Dale BREDESEN Reversal of cognitive decline: A novel therapeutic program dans lequel il explique son protocole par lequel 9 personnes en début d’Alzheimer ont retrouvé une mémoire “meilleure qu’avant”, permettant à plusieurs de reprendre leur activité professionnelle intense, tandis qu’une dixième personne trop avancée dans la maladie a continué à décliner.

    Il m’a fallu quelques mois pour traduire ce document et mettre en place ce protocole BREDESEN pour ma femme qui aujourd’hui retrouve peu à peu sa mémoire.

    Elle était devenue un “légume” qui se désintéressait de tout, et maintenant elle redevient “vivante” en reprenant progressivement son rôle de maitresse de maison.
    Elle commence à se projeter dans l’avenir pour organiser ses activités futures, se rappelle ce qu’elle a fait les jours précédents et ce qu’elle fera les jours prochains.

    C’est nouveau et très réconfortant, alors qu’avec l’EXELON elle déclinait lentement mais surement, tout en le supportant assez mal.

    J’ai abandonné l’EXELON et la MÉMANTINE dont les effets secondaires sont nettement plus évidents que leur efficacité. Ces produits sont inutiles et dangereux.

    J’ai lu tout ce que Dale BREDESEN a écrit et suivi beaucoup de ses conférences.

    Dale BREDESEN poursuit aujourd’hui une étude sur plus de 100 personnes et les résultats (non encore définitifs) vont exactement dans la même direction. Comme pour ma femme.

    Pour moi, c’est LE SPÉCIALISTE des différentes maladies d’Alzheimer qu’il étudie depuis 27 ans et dont il a fait le tour.

    C’est la première personne à ma connaissance qui sait ce qu’il y a lieu de faire pour traiter les différentes variantes de cette maladie.
    Vous pouvez lire à ce sujet son article Metabolic profiling distinguishes three subtypes of Alzheimer’s disease.

    Si vous aviez suivi son enseignement, votre article aurait été tout autre, et vous auriez pu sauver de nombreuses personnes.

    Je vous invite fortement à compléter votre connaissance sur la maladie d’Alzheimer qu’il est aujourd’hui possible de traiter efficacement, d’autant mieux qu’on la prend à son début.

    Je me permets de joindre à la présente les 2 articles cités de Dale Bredesen, le 1er dans ma traduction française et le second en anglais.

    Je suis à votre disposition pour vous transmettre 2 conférences récentes (en anglais) vidéo + texte écrit.

    Je tiens à vous remercier pour le très bon travail que vous effectuez par ailleurs. BRAVO !

    Meilleures salutations,

    • Seb dit :

      Bonjour,

      dommage vous avez oublié vos liens 🙁

    • Claire Normand dit :

      Cher Henri,
      Merci pour votre retour d’expérience qui est d’intérêt général, j’ai moi-même eu connaissance des travaux du Dr Bredesen quand ils sont parus et ils m’avaient donné beaucoup d’espoir. Je suivais aussi les publications de Mary Newport mais j’ai constaté que ces derniers temps elle s’est lancée dans la commercialisation d’un produit apportant soi-disant les effets d’un régime cétogène!!
      J’aurais aimé savoir si pour établir le protocole vous avez été aidé par un médecin ou si c’est possible de le faire seul.
      Vous êtes à ma connaissance la seule personne à avoir tenté quelque chose et à avoir obtenu un certain résultat.
      J’aimerais beaucoup pouvoir entrer en contact avec vous.
      Mais de toutes façons MERCI, MERCI.
      Claire

    • Martinez dit :

      Bonjour pouvez vous nous communiquer les liens concernant le protocole mis en place par Dale Bredesen?

    • jean Philippe dit :

      Bonjour

      Ma mère est atteinte de la maladie d’Alzheimer a un stade assez avancé, néanmoins, j’aimerais appliquer le protocole
      du Dr Bredesen, appelé parfois protocole m. Un de vos lecteur dit en avoir fait la traduction. Peut etre pourriez vous me mettre en rapport avec ce lecteur ou encore me donner quelques piste, ou un site internet que je puise consulter sur ce sujet
      Je vous en remercie par avance

    • claude dit :

      Bonjour Monsieur ORQUERA,
      Comme plusieurs autres personnes je vous serais très reconnaissant de partager vos travaux et vos informations concernant le protocole BREDESEN de traitement de la maladie d’Alzheimer.
      Bien cordialement.
      Claude
      mail : lettre-docteur-rueff.20.claude68@spamgourmet.net

    • FLORENCE dit :

      bonjour,

      Comme plusieurs personne, je souhaite prendre connaissance des documents que vous proposez, merci

  4. Marcs dit :

    Bonjour,

    Le lien vers cette conférence ou le résumé de ses recherches seraient intéressant.
    Je suis preneuse aussi

    Merci

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