Ces plantes que j’aime et qui font tant de bien (2e partie)

 

Dans ma précédente lettre je vous ai confié l’intérêt et les raisons de conseiller, en complément de nombreux traitements, certaines plantes sous forme de « teinture mère » (TM) ou de bourgeons en macérâts glycérinés (1DH). Je continue ici leur description et leur énumération en vous indiquant les moyens de vous les procurer facilement, leurs principales indications et associations.

FICUS CARICA : un anxiolytique naturel

Le figuier commun que l’on trouve sur tout le pourtour méditerranéen est un anxiolytique naturel qui peut vous aider à vous sevrer de médicaments aux multiples effets secondaires et contre-indications et à calmer les obsessions. Dans ce cas précis, c’est la forme « bourgeons » que je préfère, disponible également en pharmacie. Une centaine de gouttes par jour diluées dans un litre d’eau, associée éventuellement au TILIA TOMENTOSA, également sous forme gemmothérapique (bourgeons 1DH) et à une forme soluble de magnésium (en général un glycérophosphate de magnésium) agit sur l’anxiété et diminue les mauvaises réactions au stress.

FUCUS VESICULOSUS : pour les déficits en iode

Le varech vésiculeux est un bon complément de traitement du goitre par carence en iode car il en contient 0,03 %. En plus de son action sur la thyroïde il agit également comme coupe-faim et laxatif. C’est d’autant plus intéressant que la déficience en iode perturbe la synthèse des hormones thyroïdiennes, T3 et T4, induit une hypothyroïdie dont les premiers symptômes seront une prise de poids ou une difficulté à maigrir, même avec un régime, une frilosité, une apathie et une constipation. Cette carence frappe plus volontiers les habitants des pays montagneux (le fameux « crétin des Alpes ») mais elle est, heureusement, en récession grâce à l’introduction du sel iodé. Il faut noter que certains régimes trop stricts, ainsi que le tabagisme, peuvent l’aggraver. Il faut la rechercher chez toute personne anormalement fatiguée et frileuse et ce n’est pas très difficile : il suffit de mesurer la quantité d’iode éliminée dans les urines de 24 heures (iodurie). Une vingtaine de gouttes de TM de Fucus, par jour, permettra de régler le problème, mais le médecin devra surveiller la iodurie pour que son patient ne devienne pas hyperthyroïdien. Vous trouverez cette TM dans de nombreux compléments alimentaires comme le « Kelp Varech ».

GENTIANA LUTEA : pour les troubles de l’appétit

La gentiane jaune ou grande gentiane est bien connue en apéritif et préconisée en cas de perte d’appétit, ballonnements, douleurs gastriques et anorexie. Il m’arrive, dans les troubles de l’appétit, d’en conseiller une quinzaine de gouttes dans un peu d’eau tiède avant les repas.

PANAX GINSENG : le booster naturel

Cette racine chinoise est bien connue pour son action défatigante. On la trouve dans de nombreuses préparations, mais attention, elle est souvent falsifiée et le fait de la consommer en TM que l’on trouve en pharmacie est une garantie. Elle est stimulante et tonicardiaque. Elle est de plus antalgique, améliore la tonicité musculaire, augmente les capacités de concentration, diminue certaines douleurs articulaires et améliore la circulation lymphatique. De par sa teneur en œstrogènes elle est aphrodisiaque chez les hommes chez qui on pourra l’associer au DAMIANA, à la MACA, l’ASHWAGANDHA et l’AVENA SATIVA. Certains la recommandent en cas de douleurs lombaires, de goutte et même de…hoquet. Dans ce dernier cas il suffit d’en prendre 1 ou 2 gouttes mais dans les autres cas une soixantaine de gouttes par jour pendant quelques semaines est recommandée. On l’associait souvent à l’eleuthérocoque, ginseng de Sibérie ou encore ginseng du pauvre que l’on ne trouve plus qu’en complément alimentaire. Ne les oubliez pas en cas de convalescence, en associant un complexe multivitaminique-multiminéraux, et des doses plus importantes de vitamine C et D.

HAMAMELIS VIRGINIANA : contre les inflammations veineuses

Ce « noisetier de la sorcière » qui vient traditionnellement de Virginie est bien connu pour son tropisme veineux : varices, hémorroïdes, œdèmes, sensations de jambes lourdes. C’est un hémostatique puissant qui peut réguler des règles trop abondantes ou calmer des irritations cutanées. On peut l’associer à l’AESCULUS mais également, en gemmothérapie, pour la circulation plutôt à ses bourgeons ainsi qu’à ceux du sorbier (Sorbus Domestica bourgeons 1DH) ou du châtaignier (Castanea Vesca, bourgeons 1DH). Elle est souvent mélangée à ces mêmes souches dans de nombreuses préparations à usage local, notamment dans le cas d’hémorroïdes. L’eau d’hamamélis est un distillat de feuilles, d’écorce et de rameaux qui est réservée uniquement aux usages externes.

HUMULUS LUPULUS : pour vous apaiser

Le houblon grimpant est un grand régulateur des troubles de l’anxiété, de la nervosité, des tremblements mais aussi de la digestion. Quand on trouvait toutes les TM en pharmacie, il n’était pas rare de préconiser un mélange, par exemple, de valériane, de passiflore, de mélilot et d’eschscholtzia en deux prises, une soixantaine de gouttes après les repas et une autre soixantaine avant le coucher. On le trouve en flacons de 50 ml de teinture mère bio chez « Louis l’herboriste ». La présence de dérivés voisins d’œstrogènes peut induire une obésité féminisante chez les grands buveurs de bière mais peut également être préconisée pour son pouvoir galactogène. Elle en contre-indique également l’usage en cas de risque de cancer hormonodépendant.

HYPERICUM PERFOLIATUM : la plante qui redonne bonne humeur

Le millepertuis ou « herbe de Saint-Jean » est bien connu aujourd’hui du fait de son usage comme antidépressif léger particulièrement en extraits standardisés. Cette plante est utilisée dans de nombreux pays pour combattre l’anxiété et la dépression, améliorer l’humeur et la qualité du sommeil. Prise le soir, elle augmente la sécrétion de mélatonine. Une méta-analyse publiée en 1996 dans le célèbre « British Medical Journal » résume 23 études randomisées (en double aveugle) incluant 1 757 patients. Elle démontre une efficacité au moins égale à celle d’antidépresseurs classiques dans le cadre de dépressions légères et moyennes et cette efficacité ne génère aucun effet secondaire aux doses journalières étudiées qui se situent entre 300 et 1 000 mg d’extrait. Il n’est pas rare que j’en conseille une dizaine de gouttes trois fois par jour en commençant à deux ou trois gouttes et en prévenant des risques possibles de photosensibilisation qui doivent faire arrêter les prises. On doit absolument alerter les patients de ce risque et prévenez votre médecin si vous en prenez de vous-mêmes. Les médecins homéopathes conseillent le millepertuis en basses ou moyennes dilutions contre les douleurs, les plaies des nerfs par écrasement (névrites) et après traumatisme des conductions nerveuses pour accélérer la guérison, les fourmillements des extrémités provenant d’une mauvaise circulation périphérique. Attention : le millepertuis peut diminuer l’action des « antivitamine K » ces traitements qui sont souvent prescrits pour fluidifier le sang en cas de risque cardio-cérébral. Raison de plus pour avertir votre médecin si vous en prenez.

JUGLANS REGIA : pour les affections cutanées

Le noyer est surtout utilisé contre les affections cutanées : suppurations, orgelets, comédons, croûtes de lait, acnés rosacées, eczéma. Personnellement je préfère l’utiliser en dilution gemmothérapique (1DH) disponible en pharmacie et souvent associé au cèdre du Liban (Cedrus Libani, jeunes pousses 1DH) lorsque l’eczéma est sec et prurigineux ou à l’orme (Ulmus Campestris, jeune pousses 1DH) en cas d’eczéma suintant. Je propose alors d’associer les 3 souches dans un litre d’eau à boire dans la journée à raison d’une centaine de gouttes de chaque.

LEDUM PALUSTRE : pour les ecchymoses

La fève des marais est très connue des médecins homéopathes qui la prescrivent en basses et moyennes dilutions en cas d’ecchymoses, particulièrement oculaires que l’on nomme « œil au beurre noir ». Elle accélère la cicatrisation et complète l’action de l’arnica. Elle est également proposée en dilutions après blessures par instrument tranchant et piqûres d’abeilles.

On trouve la teinture mère en pharmacie que l’on conseille en cas de douleurs rhumatismales. Ce sont des douleurs qui évoluent en général de bas en haut. Elles se fixent souvent sur les articulations (genoux) qui sont gonflées et pâles. Les douleurs sont aggravées la nuit, la chaleur du lit et les couvertures et améliorées par le froid. On trouve souvent la personne les pieds trempés dans une bassine d’eau froide. Bien entendu c’est le rhumatisme goutteux qui est en première ligne, avec des remèdes complémentaires comme « Sulfur » ou « Colchicum ». Il faut alors envisager un traitement spécifique de la maladie.

Je conseille de boire, dans la journée, une trentaine de gouttes de la TM, associée à de la silice, de la sève de bouleau en 1DH, des traitements homéopathiques spécifiques, un régime antiurique (plutôt végétarien et sans abats) et des compresses froides.

On peut utiliser le remède localement en mettant, avec l’eau froide ou la glace, de la teinture mère diluée à 10 %.

LEONURUS CARDIACA : renforce la contraction de votre cœur

Je considère l’agripaume cardiaque comme un « tonicardiaque » complémentaire de l’aubépine. Comme elle, il a une action calmante et anxiolytique, renforce la contraction du cœur et tend à calmer les tachycardies. On trouve la TM en pharmacie. J’associe souvent soixante gouttes de cette TM à une centaine de gouttes de Crataegus jeune pousses 1 DH, en complément des traitements spécifiques dans le cadre des insuffisances cardiaques.

MARRUBIUM VULGARE : contre la toux

Le marrube blanc ou marrube vulgaire est bien connu (depuis l’Égypte ancienne) comme expectorant et, de fait, on le trouvait dans la composition de nombreux sirops naturels contre la toux avant que ceux-ci ne disparaissent du marché. Il fluidifie les excrétions bronchiques et aide à les expulser sans assécher les muqueuses. Il fut utilisé au début du siècle dernier comme antithermique. Son action décongestionnante n’est pas limitée aux bronches mais concerne également l’appareil digestif. Il peut donc être associé à d’autres plantes plus connues dans cette indication comme la chelidoine, le chardon-marie ou le Desmodium. On trouve la TM en pharmacie. En cas d’infection bronchique et de toux gênante je vous conseille d’en prendre une soixantaine de gouttes par jour, dans un litre d’eau à boire dans la journée en ajoutant 600 à 1 000 milligrammes de N-Acetyl-Cystéine que l’on trouve dans toutes les pharmacies et en complément alimentaire. N’oubliez pas les huiles essentielles de qualité « bio », mais contenant du « 1,8 cinéole » qui sont nombreuses à pouvoir vous aider en cas d’infection pulmonaire, en gouttes à boire (diluées dans un peu d’huile d’olive), en fumigations ou en applications locales sur la poitrine et le dos comme l’eucalyptus, le ravintsara, le tea tree, le romarin ou la lavande vraie.

MATRICARIA CHAMOMILLA : calme les douleurs des poussées dentaires

La matricaire ou petite camomille est bien connue des homéopathes et des parents pour calmer (en basses et moyennes dilutions homéopathiques) les douleurs dentaires, en particulier des jeunes enfants, surtout lorsqu’ils sont agités, hypersensibles, crient très fort mais sont calmés par le mouvement comme celui d’une voiture. La teinture mère de camomille est tout aussi efficace et a l’avantage de pouvoir être utilisée localement avec, de plus, une action anti-inflammatoire, bactéricide et cicatrisante. Dans ce cas et localement 2 à 3 gouttes, plusieurs fois par jour suffisent à apaiser la douleur. Par voie générale, pour soulager des crampes, des douleurs digestives ou pendant les règles, je conseille d’en prendre une trentaine de gouttes diluées dans un litre d’eau à boire tout au long de la journée sans oublier au moins trois fois par jour un comprimé de bisglycinate de magnésium qui renforce l’action de la camomille.

MELILOTUS OFFICINALIS : pour vous aider à retrouver le sommeil et la sérénité !

Le mélilot officinal, avec la passiflore, la valériane, la mélisse et bien entendu l’Eschscholtzia Californica fait partie de ces plantes qui peuvent vous aider à retrouver le sommeil et, si besoin à vous sevrer de médicaments qui, tous, sont déconseillés à long terme ayant des effets négatifs, non seulement sur la mémoire, mais également sur le devenir du cerveau. On le trouve chez « Pda » et je conseille, si vous voulez améliorer votre sommeil, d’associer les quatre TM et de prendre une dizaine de gouttes de chaque après le repas du soir et au moment du coucher, sans dépasser ces doses. La TM de mélilot a une action analgésique et sédative qui permet de diminuer l’intensité de certains maux de tête. Ne dépassez pas les doses conseillées car à trop forte dose il peut avoir une action de type stupéfiant. Avec l’ail, le curcuma, le ginkgo biloba, la canneberge et le marron d’Inde il a des effets antiagrégants et anticoagulants qui peuvent s’ajouter aux médicaments que vous êtes susceptible de prendre en cas de risque cardiovasculaire et favoriser la survenue de complications hémorragiques. Il est donc indispensable de prévenir votre médecin. Si vous ne prenez que la TM, ne dépassez pas la dose de 15 à 20 gouttes par jour.

MELISSA OFFICINALIS : cette plante qui tonifie et apaise

Comme le mélilot mais d’une façon plus douce et moins drastique, la teinture mère de mélisse a une action sédative, analgésique et calmante y compris sur le rythme cardiaque. Dans ce dernier cas il est conseillé de l’associer à la TM d’aubépine (Crataegus) ou au bourgeon dilué en 1DH de cette même plante.

La TM de mélisse facilite également la digestion : n’hésitez pas à l’associer à la gentiane et à prendre une trentaine de gouttes du mélange avant les repas.

Rappelez-vous que c’est également une ou deux gouttes d’HE de mélisse (et de menthe poivrée : voir ci-dessous) que l’on vous propose sur la langue (ou sur un sucre) en cas de menace d’évanouissement.

Pour améliorer la qualité de votre sommeil vous pouvez en prendre, sans danger, une trentaine de gouttes en deux prises après le repas dans une infusion de fleur d’oranger.

MENTHA PIPERATA : pour une meilleure digestion

La teinture mère de menthe poivrée facilement disponible en pharmacie est un stimulant bien connu de la digestion. Ce qui l’est moins c’est son action anti-infectieuse et anti-inflammatoire ainsi que tonicardiaque qui sera renforcée par une association avec l’aubépine. On en fait tomber une ou deux gouttes sur la langue (éventuellement avec de la mélisse) en cas de menace d’évanouissement.

On en conseille, en général, une trentaine de gouttes après le repas, si celui-ci est trop abondant et gras.

OLEA EUROPEA : pour vous aider à normaliser votre tension

Nous terminerons cette lettre avec l’olivier (écorce et feuilles) cette plante sacrée de la Méditerranée que je conseille plutôt en forme gemmothérapique (1DH) en pharmacie. On trouve également de l’extrait standardisé d’olivier dans de nombreux compléments alimentaires où il est surtout présenté comme diurétique et antihypertenseur. Il peut donc compléter l’action de certains médicaments et permettre de réduire les doses si l’on cherche à régulariser votre tension artérielle afin de diminuer un risque cardiovasculaire. La dose quotidienne peut aller jusqu’à soixante gouttes par jour de teinture mère ou une centaine de gouttes de bourgeons, à bien répartir tout au long de la journée en plusieurs prises et à associer avec un glycérophosphate de magnésium et d’autres plantes cardiorégulatrice comme le Crataegus ou le Leonurus Cardiaca.

Je vous propose de continuer cette revue des principales teintures mères qui peuvent vite être des remèdes indispensables ou des compléments très efficaces d’autres traitements dans une troisième lettre…

Prenez soin de votre santé !
Dr Dominique Rueff




N'hésitez pas à commenter la lettre de ce jour ci-dessous. Veuillez cependant noter que, en raison du très grand nombre de commentaires, le Dr Rueff ne pourra pas vous répondre individuellement.


7 réponses à “Ces plantes que j’aime et qui font tant de bien (2e partie)”

  1. Michèle Gamba dit :

    Merci de nous donner des informations aussi concrètes sur les fonctions des plantes médicinales. Pardonnez-moi une question: quel est ce site pda? J’ai trouvé plusieurs liens avec des pharmacies pda (personal digital assistant?).
    D’avance merci de votre réponse.
    Michèle

  2. Danièle DROMARD dit :

    J’ai exactement la même question que Michèle ! Je me demande bien ce que signifie l’acronyme « Pda ». Merci de nous éclairer !

  3. Bartnicki Jacqueline dit :

    J’aimerais savoir quelle plante utiliser pour faire baisser mon taux de chlorestéroque (cause génétique) trop élévé
    ne voulant pas prendre de statines
    Merci de votre réponse

  4. DISS dit :

    Bonjour,

    Merci avant tout pour toutes ses informations précieuse j’aimerais savoir ou trouve le glycérophosphate de magnésium.
    Cordialement MME DISS

  5. EON dit :

    Je suis très intéressée par tous les conseils que vous nous donnez et aimerais en suivre quelques uns. Mais il me semble que toutes les plantes, teintures mères ou autres préconisations sont à acheter en pharmacie, sans prescription médicale… quid du remboursement de la Sécurité Sociale ???
    pour un tout petit, petit budget !!!

  6. Dagher cgantal dit :

    Bonjour
    Je voudrais savoir si la teneur en alcool de ses teintures mere .. tm ou dilution 1dh .. ne presente oas un inconvénient.le principe actif de ses plantes n est il pas moins actif …
    Si nous avons ke choix que choisirez vous teinture mère ou suspension de plantes fraîches Eps sans alcool ?

  7. Silva De Sousa Madeleine dit :

    Merci beaucoup pour ces conseils avisés moi je souffre de la Goutte j’aimerai beaucoup avoir des conseils pour m’en débarrasser merci d’avance pour vos conseils

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *